11 janvier 2018
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11 janvier 2018,
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EN TOUTES LETTRES DE NOBLESSE

| par David Rompré |

 

Faire un jeu de sens avec l’expression «en toutes lettres» est, je l’avoue, assez ironique. Mais un titre est un titre… et il fallait bien donner l’orientation voulue au présent billet. Car c’est de la richesse des mots dont il sera question fondamentalement, une richesse à exploiter en ces temps de connectivité, mais aussi d’uniformisation. En affaires, le succès passe aussi par l’énoncé.

 

Expertise à faire connaître

Le monde de l’entrepreneuriat et de la création met en scène aujourd’hui des experts et des technologues dont les prouesses, notamment informatiques, redessinent la carte des possibles. Ces gens ont des compétences poussées dans leur sphère d’activités, souvent émergentes, mais demeurent en libre concurrence les uns avec les autres, directement ou indirectement, système capitaliste oblige.

Dans ce contexte, et a fortiori en raison du développement incessant des réseaux, plateformes et structures de diffusion de l’information, il est vital d’être à l’avant-plan.

Pour une petite entreprise, exploiter efficacement les nouveaux supports médiatiques est ainsi devenu une obligation. Idées, inventions, réalisations, mérite, notoriété; tout ce qui distingue une organisation ou une personne doit pouvoir faire l’objet d’une présentation également distinctive. C’est pourquoi —mais pas uniquement pour cela, bien sûr— il existe des professionnels des mots.

 

Plume de l’ombre

L’ancienne appellation «nègre littéraire» est encore utilisée en France pour désigner un rédacteur de talent, voire un écrivain qui travaille dans l’anonymat pour autrui. D’un autre siècle, cette expression — elle vient du fils d’Alexandre Dumas qui qualifia ainsi les collaborateurs cachés de l’auteur de Les trois mousquetaires — a fait place, notamment en Amérique, à «écrivain fantôme» ou «ghostwriter».

Du coup, sa signification a quelque peu varié, incluant maintenant les écrivains de substitution et les rédacteurs sous-traitants qui prêtent leur plume à toute personne désireuse de produire des textes de qualité, quel qu’en soit le format ou le support.

 

La forme qui sied

Point n’est donc besoin de vouloir écrire un roman ou un essai pour obtenir les services d’un écrivain fantôme. En période de diffusion tous azimuts, gracieuseté du Web, les occasions ne manquent pas de faire bonne impression. Nombreux d’ailleurs sont ceux qui font honneur à leur compétence et à leurs idées en faisant écrire par des spécialistes les textes qui témoignent de leur expertise. Les contenus dignes d’intérêt peuvent ainsi compter sur une mise en forme à la hauteur, soignée et élégante.

 

Connecter avec le sens

On me demande souvent si les textes que j’écris pour le Web sont de nature à positionner favorablement le site ou la page où ils apparaîtront. Internet ou pas, un grand principe de rédaction demeure : le message doit être adapté au médium, au récepteur type et au but recherché.

Je réponds donc que l’optimisation du référencement naturel (SEO) au moyen d’une prose spécifique ne crée pas en soi de nouvelles difficultés à un ghostwriter. Des phrases courtes, des mots-clés, des sous-titres, etc. Rien d’éreintant pour qui sait écrire. Résumer savoureusement un roman de 350 pages demande davantage de ressources.

Du reste, ceux qui pensent qu’il ne faut écrire qu’en fonction d’un algorithme se trompent. À quoi sert en effet d’arriver rapidement à un site insipide, de déboucher sur une page au contenu interchangeable ou, pire, incompréhensible?

L’emphase mise sur l’indexation ne doit pas faire perdre de vue que les gens consomment aussi du sens. C’est pourquoi un marketing intelligent ne met de côté ni le fond ni la forme (clarté, style, équilibre, rythme, etc.) dans le contenu offert.

 

Le pragmatisme textuel

Bref, outre de l’information, un texte doit apporter du plaisir au lecteur en plus du sentiment d’avoir obtenu une certaine édification en lisant. Cette valeur positive, le lecteur l’associe ensuite au produit ou à l’idée proposée, ce qui en augmente la force d’attraction.

L’écrivain fantôme conceptualise et énonce de manière à ce que le message hante les esprits.


 

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